Clair de lune

extraits de Promenade au clair de lune, Folio pages 187-188.

 

«  Nous causions un moment
avec monsieur Vinteuil
devant le porche
en sortant de l'église.

[...] s'il  faisait clair de lune et que l'air fût chaud,
au lieu de nous faire rentrer directement, mon père,
par amour de la gloire,
nous  faisait faire par le calvaire une longue promenade [...]

Nous revenions par le boulevard de la gare, où étaient les plus agréables villas de la commune.
Dans chaque jardin le clair de lune,
comme Hubert Robert,
semait ses degrés rompus de marbre blanc, ses jets d'eau,
ses grilles entrouvertes.

 

tableau de Hubert Robert

Sa lumière avait détruit le bureau du Télégraphe. 
Il n'en restait plus qu'une colonne à demi-brisée,
mais qui gardait la beauté d'une ruine immortelle. »

 

«  [...] le boulevard de la gare [...]
où que je me trouve,
dès qu'ils [les chiens] commencent
à retentir et à se répondre,
je l'aperçois, avec ses tilleuls
et son trottoir éclairé par la lune. »

«  Tout d'un coup mon père  nous arrêtait et  demandait à ma mère  :  
 " Où sommes-nous ? "

 Épuisée par la marche, mais fière de lui,
 elle lui avouait qu'elle n'en savait absolument rien.
 Il haussait les épaules et riait.

Alors, comme s'il l'avait sortie de son veston avec sa clef,
il nous montrait debout devant nous
la petite porte de derrière
de notre jardin qui était venue
avec le coin de la rue du Saint-Esprit
nous attendre au bout
de ces chemins inconnus. »

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