Images d'enfance

 

 

Les billes

Du côté de chez Swann, Folio classique page 543.

 

« Gilberte me montrait en riant deux petits garçons qui étaient
comme le petit coloriste et le petit naturaliste des livres d’enfants […]
 
J’achetai deux billes d’un sou. 
Je regardai avec admiration, les billes d’agate.
[…] Elles avaient la transparence et le fondu de la vie […]
 je lui en désignai une qui avait la couleur
de ses yeux.
Gilberte la prit, chercha son rayon doré, 
la caressa, paya sa rançon,
mais aussitôt me remit sa captive
en me disant :
" Tenez, elle est à vous, je vous la donne, gardez-la comme souvenir. "

 

 
 
 
Les affiches
 
Du côté de chez Swann, Folio classique page 525 .
 
 
 
 
« [...] les noms présentent des personnes [...] une image confuse
 […] qui tire d’eux, de leur sonorité éclatante ou sombre,

la couleur dont elle est peinte uniformément
comme une de ces affiches,
entièrement bleues ou entièrement rouges, 
dans lesquelles,
à cause des limites du procédé employé
ou par un caprice du décorateur,
sont bleus ou rouges,
non seulement le ciel ou la mer,
mais les barques, l’église, les passants. »





 

 
 
 

 

 

 

Les pensées

Sur la lecture, Librio page 12.


 

 

 

« […] l’unique allée du jardinet 
qui bordait de briques
et de faïences en demi-lunes
ses plates-bandes de pensées :
ses pensées cueillies, semblait-il
dans ces ciels versicolores
et comme reflétés des vitraux […]  » 

 

 
 

 

La pluie

Du côté de chez Swann, page 171.

 

« Un petit coup au carreau,
comme si quelque chose l’avait heurté,
suivi d’une ample chute légère
comme  de grains de sable qu’on eût laissés tomber d’une fenêtre au-dessus,
puis la chute s’étendant, se réglant,
adoptant un rythme,
devenant fluide, sonore, musicale,
innombrable, universelle :
c’était la pluie. »

 

Du côté de chez Swann, page 232.

« Nous ressortions de notre abri,
car les gouttes se plaisent aux feuillages,
et la terre était déjà presque séchée
que plus d’une s’attardait
à jouer sur les nervures d’une feuille,
et suspendue à la pointe, reposée,
brillant au soleil,
tout d’un coup se laissait glisser
de toute la hauteur de la branche
et nous tombait sur le nez. » 

 

 

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