ATELIERS D'ENFANTS

 

 

Faire découvrir le monde de Proust aux enfants

 

Au cours de mes expérimentations en milieu scolaire,
il s'est très vite avéré que l'entrée la plus accessible, la plus imagée, 
était l'arrivée de Combray dans l'épisode de la madeleine.

J'y ai ajouté un support ludique, le kamishibaï, qui transporte les enfants de CE et CM dans une histoire.

 

Le kamishibaï est un petit théâtre de rue très répandu au Japon
à la fin de la seconde guerre mondiale.
C'est l'ancêtre des mangas, il retrouve aujourd’hui une seconde vie dans les écoles.
Les images peuvent être réalisées par des enfants à partir de textes de Proust.

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Après cette " entrée en matière ", suit une dégustation de madeleines,
en insistant sur les sensations d’odeur, de réflexion intérieure,
alors les enfants expriment spontanément des souvenirs personnels souvent chargés d’émotion.
L’extrait de la madeleine leur devient familier,
ils abordent sans appréhension la lecture d’un texte plus complet et qui leur devient accessible.

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Un autre langage parle directement à tous, toutes générations confondues,
c'est celui des cartes postales permettant d'établir un lien
entre le passé commun à Proust et aux ancêtres du public des communes concernées.
" Moi j'ai envie d'en savoir plus ! " dixit Margaux...


Le but poursuivi à chaque animation est bien de créer
cette curiosité, cette envie,
de toucher au cœur l'imaginaire des participants,
de les mobiliser pour agir,
c'est-à-dire avoir envie de trouver leur propre cheminement
en entrant dans l'œuvre de Proust.

 

Les plus petits découvrent eux aussi l'épisode de la madeleine par une boîte à histoire,
inspirée de la démarche de l’association DULALA
La boîte à histoire présente en langage indirect le contenu et les symboles de l'épisode de la madeleine.
Les objets présentés permettent aux enfants de mémoriser les mots-clés
et de retrouver la chronologie de l'histoire.
Ils comprennent bien vite que les souvenirs de chacun peuvent être amenés autrement,
par un bruit, une musique, une odeur, un moment, un autre goût.

" On a goûté une madeleine... "
" Mais des madeleines, on en mange à la maison ! "
" Oui ! Mais celle-là était bien plus ancienne ! "
dixit Paul 7 ans de Moncheaux.

  

 

 

 

L'extrait de la sonate

 

Donner un écho aux mots de Proust c'est alors utiliser la création plastique
pour traduire le ressenti des émotions...
Un grand bravo à l'atelier de Gérardo Funari de Moncheaux 
qui a illustré la petite phrase musicale de la sonate de Vinteuil :

«   D’abord le piano solitaire se plaignit,
comme un oiseau abandonné de sa compagne ;

le violon l’entendit, lui répondit comme d’un arbre voisin.

Est-ce un oiseau […]   est-ce une fée […]
dont le piano ensuite redisait
tendrement la plainte ?

 

 

Merveilleux oiseau !

 

 

 


Le violoniste semblait vouloir le charmer, 
l’apprivoiser,  le capter[…]


La petite phrase était encore là 
comme une bulle irisée qui se soutient.


Tel un arc en ciel, dont l’éclat faiblit, 
s’abaisse, puis se relève[…]

 

 

elle ajouta d’autres cordes diaprées, 
toutes celles du prisme, et les fit chanter. »

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L'extrait Après une heure de pluie

 

Découvrons encore l'extrait "Après une heure de pluie" illustré par l'atelier d'Annie Mortier :

 

«  Après une heure de pluie 
et de vent contre lesquels
j’avais lutté avec allégresse,






comme j’arrivais
au bord de la mare de Montjouvain


 

devant une petite cahute
 recouverte en tuiles
où le jardinier de M. Vinteuil 

serrait ses instruments de jardinage,




 le soleil venait de reparaître, 


et ses dorures lavées par l’averse
reluisaient à neuf dans le ciel,
   

 

 

sur les arbres,
 sur le mur de la cahute,






sur son toit de tuile encore mouillé,
à la crête duquel se promenait

 

 

 

 
 

 


  une poule. »

 

 

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